• Charlotte Leplaideur

Jules (extrait de J'existe)

Planète sur roulettes

Villes de roulottes

Regardez vos campagnes

S'assécher

Vos rivières

S'enliser


Pourtant au creux de celles-ci

Fourmillent les idées

Se construisent

Les lendemains

Minorité ignorée

Consolide

La vie, sincérité.


Masse entassée

Dans des gratte-ciels

Pollués

Ne sait plus sourire

A son voisin de palier

Foule décrépite

Ne connaît pas le nom

De son prochain

Ne sait plus tendre la main.


Trop peur sûrement

De se la faire trancher

Trop abrutis

Par d'absurdes comprimés.


Je suis de cet amas humain

En dépression grimpante

Je suis de celles qui se méfient

Je suis Jules,

Mon prénom s'est perdu

Ne reste que la carcasse

Diminutif

Intuitif

Je n'ai aucune idée

De l'existence des autres

Autres comme pays

Autres comme famille.


Je lève mon verre à la santé

Des fleuves et des forêts

A leur héritage

Piétiné

A leur existence minorée

Je lève mon verre

A l'individu encensé

Aux os décharnés

Aux vautours rôdants

Aux pillards méritants.


Je lève ma coupe

Aux mains perdues

Qui se retrouvent

Aux enfants qui adoptent

Aux familles qui composent.

Je bois ma coupe pleine.


J’avale l’eau stagnante

Et quitte les boîtes closes

J’arrache les étiquettes

Le prix de mon cerveau


J’ôte mes chaussures

Et je marche

La plante des pieds ancrée

Dans la poussière et l’eau

Je marche

Et marcherais.

Extrait de Jules dans J'existe (titre provisoirement durable) de C. Leplaideur (2011)

0 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout

La différence qui nous rassemble tant La curiosité Interpellation L’interrogation La différence scinde t’elle ? Oppose-t’elle ? Ou bien à l’inverse Nous rapproche t’elle les uns des autres Nous enrich

Arrêter D’écrire D’inscrire De graver Arrêter D’exprimer L’envers L’endroit Le langage Bazard bizarre Est parfois Un bien lourd bagage De toute façon Dans le brouhaha Permanent Intérieur / Extérieur Ê

Quand une partie Du monde se noie Dans le sang Les os brisés Les familles décimées Des bombes balancées Le serpent s’insinue Se faufile Se glisse Et s’engraisse A l’intérieur de nous Poison d’un Occid